La vie est de plus en plus belle pour nos amis les Geeks : Pixel Art, retro-gaming, série TV, musique 8-bit tous les domaines créatifs y passent et ce n'est pas à la MJC de l'Antipode que l'on vous dira le contraire. Samedi 6 Février se déroulait la soirée Play! consacré a cet univers. Au programme une exposition du graphiste Guillaumit, une salle d'arcade (Soul Edge powa) et un dancefloor équipé de 4 artistes/groupes résolus à nous faire danser de toutes les manières. Même le public était invité à jouer le jeu en se déguisant. Le thème de la soirée : Geek c'est chic !
Le Teaser de la soirée résume bien l'ambiance :
Niveau musique on peut dire que les pieds et les oreilles ont été servi et même nos petits yeux. La performance de Gangpol & Mit fut une vraie expérience avec un travail sur l'animation assez poussé. Dans la ligné de l'exposition de Guillaumit (membre du groupe), le duo nous emmène dans un pays sans tabous à mi-chemin entre les Télétubbies et South Park sur fond de musique 8-bit digne des plus grands succès de Snes. Le résultat est complètement fou.
Ensuite est venu le temps pour les Lillois de Dat Politics de prendre les sampleurs en main. Un petit air de Kap bambino, moins glauque, plus coloré mais autant déchainé. La foule est amassé sur le devant de la scène, certains montent même dessus. La chanteuse avec ses petits cris nous mène par le bout du nez et tout le monde semble aimer ça.
Enfin, un pro-Edbanger un peu plus violent que la moyenne est venu nous rendre visite. Son nom Huoratron et on ne peut pas dire qu'il ai fait dans la dentelle. D'un côté, les 5h du matin approchaient. Piquer du nez nous aurait été fatal. Je crois qu'il a tout fait pour nous tenir en vie avec ses titres vraiment sans concession. Huoratron n'est qu'efficacité et ses sautillements sur scènes étaient assez communicatifs.
La bande annonce de son dernier EP plutôt bien fichu :
Mention spéciale aux deux copines Nate & Jojo que Nerd Can Dance m'avait fait découvrir. Également graphistes et stylistes, elles ont apporté à l'Antipode une sélection, mixé par leur soins, assez réussie et une phase de Drum'n Bass qui a remis en jambe pas mal de monde pendant la soirée.
Si il y a une chose qu'il faudrait retenir de cette soirée c'est encore une fois l'importance de la vidéo surtout avec Gangpol & Mit. On peut en voir de plus en plus dans les sets electro. Que ce soit avec des gros moyens (ex : le cube expérience de Etienne de Crécy, le mur lumineux des Birdy Nam Nam) ou de simples (pas tant que ça) séquences de vidjeing projetées, venir à un concert d'électro c'est maintenant en prendre plein les mirettes. On pourrait presque s'asseoir et regarder…
Radio Campus Paris diffuse tous les Dimanche des Sessions, en général acoustique, mettant à l'honneur des artistes de folk ou de rock indé. Le 24 Janvier dernier ce fût le tour des Cymbal Eats Guitars qui continuent à jouer leur excellent album "Why there are Mountains" un peu partout sur le globe. L'occasion de redécouvrir leurs compositions et l'excellent Plainclothes qui m'avait déjà secoué l'été dernier.
Organisé par l'association étudiante rennaise Dièse plus Six, le festival Roulements de Tambour, pour sa 9ème édition, proposait une programmation intrigante. Attiré par la soirée de Jeudi avec les Papier Tigre, que je voulais voir depuis un petit bout de temps, je me suis, au bout du compte, laissé tenter par une première fournée Mardi dans l'auditorium du Tambour.
Mardi : Chansons, Lutins et Tensions.
"- N'empêche, c'était le lapin et le papillon qui tenaient la baraque !
– Ouai, le lapin a bien tenu le beat et le papillon, il se baladait sur sa MPC.
- Et le mini-bassiste. Pourquoi il foutait de la farine sur sa basse ?
– Je sais pas. Ca doit être pour donner un meilleur son.
- C'est dommage qu'on se soit pas mis devant on aurait eu une bière gratuite."
Voilà grossièrement ce qu'on pouvait entendre à l'entracte après que les Wevie Stonder aient pourris la soirée des femmes de ménages du Tambour. Encens, bonbons, champignons, bières, masque de chocolat, paille et j'en passe. Le lutin, accessoirement chanteur, a tenté de nous acheter par tous les moyens pour que l'on adhère à ce désastre. Le souci c'est que ce "désastre" fût très divertissant. Sur fond de Sound System, de Drum'n Bass et de Yukulélé, les 4 cocos y vont chacun de leurs petits délires vocaux ou gestuelles et nous invitent à faire de même. Pendant 1h30, on écarquille les yeux et les oreilles. Au départ, tu regarde ton voisin pour voir comment il faut réagir, tu as peur et puis vient la première chanson de marin sur fond de hip-hop…
S'il fallait résumer, on peut dire que les Wevie Stonder sont des clowns. Des clowns dont le cirque est une soucoupe volante, mais des clowns.
Un entracte plus tard c'est un autre "phénomène" qui s'apprête à s'exprimer. Je dit bien s'exprimer car Damo Suzuki, connu pour ses faits musicaux dans le groupe allemand CAN, a chanté toute sa douleur dans une langue que seul lui, et encore, pouvait comprendre. Pendant les 20 minutes de l'unique titre très incantatoire, le groupe qui l'accompagnait, France Sauvage, a créé le contraste : Une longue montée en puissance, torturée, samplée, toujours en rythme s'est dessinée devant nous. Une expérience captivante mais pas totalement satisfaisante. Ils nous ont fait chauffer un plat pendant 20 minutes au micro-ondes mais à sa sorti il n'était pas assez cuit (si vous voyez ce que je veux dire).
Pour découvrir France Sauvage, je vous conseil leur blog francesauvage.blogspot.com rempli de productions en téléchargement et en écoute. Un vrai plaisir à écouter.
Jeudi : Carton Chat.
Ce soir là j'avoue ne pas avoir été très curieux puisque je n'ai pas écouté la moitié du show. En l'occurrence "Hypo et EDH" et "Tod Brownies". Pour les deux groupes restants, Papier Tigre et Cobra Killer, ce fût tout d'abord plaisant puis agaçant… Je précise ma pensée.
Pour Papier Tigre, la prestation sur piste colle précisément à la version scénique rien de plus mais ça suffit. Un set rock mené de P jusqu'à E sans jamais lâcher son auditoire on aimerait en voir plus souvent. Si il y a quelque chose à souligner c'est le manque de répondant du public (dont moi). C'est peut être moi mais la foule était peu euphorique. Me rappelant même certains concerts que j'avais pu faire à Paris.
Pour les Cobra Killer, c'était loin d'être le pied. Pourtant sur le papier, cela pouvait être intéressant : Deux berlinoises, charmantes de surcroit, au micro enchaînant des hymnes trashs et chics avec des petites voix style lolita. Une idée prometteuse mais mal menée sur scène. Hissées sur leurs talons, micro dans une main, bouteille de champagne dans l'autre j'ai trouvé le duo prétentieux. L'univers de luxure qu'elles suggèrent est trop lourd pour leurs petites épaules (pour le moment…).
Bon, je n'ai pas été très exhaustif mais je voulais dire que ce festival sortait de l'ordinaire. Il y a cette volonté de heurter l'auditoire à d'autres sons, à d'autres choses et à une autre vision du festival. On sort de la mécanique des grosse machines festivalières souvent redondantes dans la programmation et de la soit disant prise de risque. Ce festival, du peu que j'en ai vu, avec des moyens forcément plus restreins, possède une vraie personnalité.
En 1998, Chali 2na, Zaakir, Akil, Marc 7even et les DJ Cut Chemist et Nu Mark (merci wikipédia) débarquaient, sous l'appellation Jurassic 5, avec un premier LP à mi-chemin entre De La Soul et The Roots. Au long des 11 titres, on découvre un rap intelligent et pacifiste armé de samples Jazz et Funk calibrés au beat près. Ce LP tout d'abord édité en EP, (Improvise, Blacktop beat et without a doubt sont venus se greffer) à tout de suite été reconnu par la critique pour sa fraîcheur. Le monde du rap déjà à la fin des années 2000 commençait à s'homogénéiser, à tomber dans le mainstream heureusement les "J5" étaient là.
C'est marrant je n'avais jamais vu de concert des Jurassic 5 sur le tube. J'écoute énormément ce LP et l'album Power In Numbers mais je n'ai jamais eu la curiosité d'aller jeter un coup d'oeil pour voir à quoi ressemblait le crew . Grossière erreur. En live, vous allez donc pouvoir vous "rafraîchir" (et moi de même) avec Jayou et sa boucle de flûte traversière papillonnante au dessus du nid des 4 MC's :
Lors des Transmusicales 2009 à Rennes, nous avons rencontré le duo anglais Hook and The Twin. Originaire de Bristol, Tom et Marc nous ont parlé de leur nouvelle vie londonienne, des machines dont ils se servent sur scène, de celles qu'ils aimeraient utiliser et de la manière dont ils fabriquent leur musique. Après avoir sorti 2 premiers singles, Race for the Bones et Bang Bang Cherry, on attend désormais la sortie d'un premier album :
TUYSBX : Vous êtes de Bristol et vous venez de vous installer à Londres. Est ce que cela change les choses pour la musique ?
Tom: J'aimerai dire non. Nous avons commencé à Bristol où il y a un fort héritage musical. Il y a des gens comme Tricky, Massive Attack. On a enregistré avec le producteur de Massive Attack, Neil Davidge. Ce qu'on a fait avec lui n'avait rien à voir mais il y a quelque chose de fort à Bristol, différent de Londres. Londres, c'est un endroit incroyable pour la musique. Quand nous sommes parti de Bristol, le Dub Step prenait le dessus. Tout se passe sur une plus petite zone, plus rapidement. A Londres c'est plus diffus. Si tu as un ami qui vit, qui fait de la musique à Londres tu met 1h30 pour t'y rendre. C'est plus difficile de se rencontrer pour répéter.
Marcus: A Bristol, il y a une forte identité mais avec des sons très différents. C'est une attitude. A Londres c'est plus impulsif et il y beaucoup de genres musicaux à l'intérieur.
Tom : Je ne pense pas qu'on puisse mettre ces deux villes dans le même panier.
TUYSBX : Vous avez longtemps répété et vécu dans une ancienne base militaire. Avez-vous enregistré des morceaux là bas et les jouez vous toujours ?
Tom : On a beaucoup joué, répété là-bas. C'était une musique bien différente de Hook & The Twin avec un autre groupe composé de moi, Marcus et de deux autres gars et on a enregistré quelques titres mais rien à voir.
TUYSBX : C'était déjà dans la mouvance Krautrock également ?
Tom : Non, c'était le genre de musique que tu joues quand tu vis dans les bois. Plus psychédélique…
Marc : … plus spatiale. Une musique qui se diffuse dans l'espace.
TUYSBX : Vous faites du "kraut-leaning". Quelles sont les influences qui ne vous rendent pas totalement krautrock ?
Tom : Nous écoutons d'autres choses plus psychédéliques. Panda Bear, un des membres d'Animal Collective. Nous aimons vraiment ça. Il y a aussi les Talking Heads qui sont plus dans l'énergie perpétuelle. David Bowie où il y a tout un tas d'influences. Un peu de dance et Matthew Dear qui lui fait plutôt de la minimal.
TUYSBX : Vous avez composé une bande originale pour le film Metropolis et vous l'avez joué live. Et vous, dans vos concerts, vous utilisez la vidéo ? Est ce que cela est important ?
Tom : Non pas vraiment. Je ne veux pas dire que nous n'en avons pas besoin. Cela pourrait être bien. Ce que l'on voudrait bien faire ce sont des "live looping". On connaît un gars doué en informatique qui pourrait nous aider à incorporer la vidéo dans les mêmes commandes que l'on utilise pour jouer la musique.
Marc : Le même évènement peu créer le signal audio et un évènement visuel. Donc on cherche un procédé pour avoir un système de vidéo live rattaché à la même borne de commandes et qui nous permet de créer des boucles vidéos par nous même.
Tom : Vous connaissez Cornelius ? C'est un japonais et tout son show est basé sur la vidéo. A chaque fois qu'il joue une note quelque chose se passe dans la vidéo et c'est très proche de ce que nous souhaiterions faire.
TUYSBX : Quelqu'un vous l'a peut être déjà dit : Le Krautrock, Metropolis de Fritz Lang, vous avez été allemands dans une autre vie ?
Tom : J'avais commencé la littérature allemande à l'université et la littérature française aussi. Peut être que cela à joué un rôle. C'est plutôt la manière dont on fait les choses qui nous a mené à ce résultat. On répète les mêmes boucles pendant des heures et des heures.
TUYSBX : Ce soir vous allez jouer avec votre "Bank of machines". Pouvez nous en dire un peu plus ? Qu'est ce que cela vous amène sur scène ?
Marc : On utilise le logiciel "Live" que Tom contrôle avec les pédales au sol. On peut ainsi créer des boucles avec le son de la guitare, de la basse et du clavier. Ça donne comme ça beaucoup plus d'options.
TUYSBX : Vous utilisez les boucles en live pour la guitare ?
Tom : On l'utilise pour tout. Marc joue de la batterie en live et j'enregistre un peu de basses, de voix et de guitare. Cette "Bank of machines" c'est comme un mini-studio que je contrôle avec mes pieds.
Marc : C'est important pour nous de créer notre musique en direct le plus possible. Avec la musique électronique c'est normal de faire des sets au laptop mais nous nous sommes un groupe. On doit jouer live.
TUYSBX : Vous avez voulu conserver le meilleur du djing pour l'intégrer dans un groupe de rock en fait ?
Tom : Exactement. Exploiter les possibilités d'un ordinateur sans qu'il ne prenne le contrôle sur le groupe.
TUYSBX : Pouvez nous décrire votre musique sans aucun terme musical ?
Tom : (il dit la phrase lentement en réfléchissant) C'est comme vivre dans un appartement où à l'étage d'au dessus un groupe joue du rock et par la fenêtre vous pouvez voir la mer, des champs et une usine au coucher du soleil.
TUYSBX : C'est une chouette description. Qu'est ce que vous faites après le concert ? Allez-vous voir quelques groupes ?
Tom : Je ne sais pas. On voudrait voir An experiment bird on the air pump. On a joué avec elles dans un festival à Londres cet été.
Marc : Il y a aussi demain (Vendredi) euh… comment ils s'appellent. Black star morning light quelque chose comme ça.
TUYSBX : Brightblack Morning Light ?
Tom : Oui voilà. On aime bien ce qu'ils font. Ils ont enregistrés leur album dans un tente je crois. Et il y a également Mr Oizo ça risque d'être cool.
TUYSBX : Merci les Hook & The Twin pour cette interview.
Tom & Marc : Merci à vous.
Pour ceux qui souhaitent découvrir et entendre les duo en action quelques liens utiles :
Le gang All Stars N.A.S.A. nous trimballe dans sa galaxie de clip cartoonesque (11 clips pour un album). Cette fois ci escale chez les canards cradingues du brésilien Didiu Rio Branco qui met en scène le résultat d'un featuring explosif. Kool Kojak d'un côté, le producteur du Right Round de Flo Rida et de l'autre DJ Babão, un DJ Brésilien. A la sortie une samba hip-hop coloré !