Comment dit-on "meilleure bande son de manga" en Japonais ? Personne… car le travail réalisé par les Seatbelts, groupe de Blues/Jazz japonais, sur la série Cowboy Bebop est remarquable et original par rapport aux autres mangas. Le générique d’ouverture, ci-dessous, Tank ! est orchestré façon Big band et donne une autre dimension aux scènes spatiales. La série se situe en majeur partie dans l’espace, dans un futur proche où la terre serait inhabitable à cause de chute de météorites trop fréquentes. Les personnages sont des chasseurs de primes aux manières de cowboy et traversent l’espace à bord de leur vaisseau: Le Bebop (la boucle est bouclée). Là où d’autres se seraient contentés d’ambiances un peu fade inspirés de Startrek ou Star Wars, les réalisateurs ont préférés donner carte blanche à Yōko Kanno et son groupe. Au final, la série possède une véritable identité sonore alliant rock, blues et jazz. Bien sur le tout manquerait de charme si cela n’était pas fait par des japonais. Yōko Kanno a produit également de la J-Pop et cela se sent de temps en temps. Cowboy Bebop c’est une série de 26 épisodes mais 4 OST, sur 2 ans, riches en trouvailles.
Voici donc un version live du générique Tank ! avec une vidéo un peu brouillon mais qui laisse bien entendre l’explosivité du titre :
Pour les curieux qui ne connaissent pas la série vous pouvez voir le générique de Cowboy Bebop qui donne un bon aperçu de l’ambiance de la série.
Moins d’une semaine avant le début des Transmusicales et comme tous les ans pas facile de se retrouver dans la massive programmation.
La réputation du festival et celle de la ville sont indissociables. Rennes est une ville « Rock » avec son plus gros festival « Rock », les Trans. Dans les deux cas reste à savoir ce que cela veut dire et reste surtout à le prouver. Du coup, on nous sort toujours les mêmes références peut avant l’échéance de début Décembre (Qui a dit Téléthon?), du style : « Ouais Nirvana y z’ont fait leur premier concert en France ici! ». Dans ce genre, on peut faire une liste très très longue de groupes marquants des années 80 et 90 passés par ces Trans là (désolé j’ai pas le temps de faire tous le tour de ma discothèque). L’autre tendance lourde est celle des musiques électroniques en général, le festival y étant précurseur avec Underground Resistance notamment en 1992 et accueillant quelques gens fort peu doués pour enchaîner des disques, les années suivantes (Laurent Garnier, Carl Cox, FatBoySlim, etc…). Tout cela constitue la réputation du festival et comme depuis quelques années, la majeure partie de la programmation de cette édition est constituée de groupes Rock, Pop ou Electro. Ca tombe bien c’est la plus grosse partie de ce que j’écoute, comme tout bon djeun’s, mais ce n’est pas uniquement pour cela que je vais au Trans. Ce n’est pas forcément dans ces catégories là que se trouvent mes meilleurs souvenirs du festival. Toute la force et le charme de l’événement ne résident pas là dedans mais dans la rencontre de nombreux styles ou formes musicales. Partons donc des étiquettes dignes des victoires de la musique pour mieux les faire tomber.
Dans la catégorie Hip-Hop-Rap-Soul-Funk-Jazz, les nominées sont…
On l’oublie souvent mais tous ces genres sont toujours présents au Trans (par exemple de Amp Fidler à DjKentaro en passant par Iam ou à la moins connue Meshell Ndegeocello).
Cette année Naomi Shelton and the Gospell Queens, le samedi 5 à la Cité viendra nous montrer que la Soul ce n’est pas que Amy Winehouse et surtout que la Soul n’a pasd’âge. Ci dessous le tube "What have you done" :
Le même jour le Hall4 du Parc Expo sonnera dans ces tonalités là. On aura droit au rap de l’Iranien The Narcicyst, le funk de Push Up, de la danse Hip Hop avec Groove Control, des héritiers des Beastie Boys avec The Politics et un Dj virtuose avec DJ Ride.
Le jeudi 3 le Liberté bas accueillera, à la suite, trois groupes révélateurs de ces barrières musicales qui tombent, me permettant un enchaînement digne des meilleurs Dj ou d’un présentateur expérimenté des Victoires de la musique (chapeau l’artiste !). VV Brown dans un registre r’n’b un peu rétro précédera Abraham Inc. Sous ce dernier nom se cache David Krakauer, clarinettiste virtuose Klezmer, Fred Wesley, tromboniste maître ciseleur du Funk et Socalled pour des rythmiques Hip-Hop. Cela donne un mélange détonnant et immanquable entre Funk, Jazz, Hip-Hop et la musique Klemzer c’est-à-dire la musique traditionnelle Juive d’Europe Centrale et orientale. Le troisième groupe est Vrelo. Ce qui me permet d’enchaîner avec la catégorie suivante.
Dans la catégorie musique du monde (world music) les nominées sont…
Le terme hideux et presque honteux de musique du monde est malheureusement compris par tout le monde. En gros, ce qui n’est pas de chez nous à l’origine mais au final ce qui l’est aussi puisque peut recouvrir toutes les musiques traditionnelles. (Pour mieux comprendre cf lexique du jeu de l’ouïe). (Cela dans tous les cas à donner de grands moments aux Transmusicales avec Daniel Waro, Denez Prigent, les frères Morvan ou Jaojoby en ouverture des Beastie Boys…)
On peut donc y incorporer Abraham Inc ainsi que le groupe qui les suivra sur scène Vrelo (transition finie). Le but de ce projet originaire de Serbie est de perpétuer la tradition des chants paysans traditionnels du XIIe siècle en les associant à des sons électroniques et rock. Ils ont travaillé avec Emir Kusturica sur l’opéra rock le temps des Gitans et leur prestations ne sont pas austères comme vous pourriez l’imaginer.
Ce mélange de musique traditionnelles et de nouvelles technologies donne de nouveaux sons visibles notamment sous des formats plus électro comme les années passés avec Nortec Colective ou Ramiro Musotto. Cette année cela sera visible notamment avec Fauna feat Tremor mélangeant musiques électroniques et musiques latino-américaines.
Mais aussi Meneo dans un registre proche mais traité avec des sonorités 8bit et une esthétique de jeux vidéo ainsi qu’un grain de folie supplémentaire (euphémisme). Comme pour Ramiro Musotto ou Dj Mujava l’an dernier ce sera pour les survivants car programmé tous les deux au Parc expo le samedi, pardon dimanche matin vers les 6h00.
Dans la catégorie inattendu / performance / inclassable / Back to the Future les nominés sont…
Le décalage et l’originalité dans une programmation des Trans ne viennent pas forcément que de sonorités venues de loin géographiquement ou bien dans le temps. Cela peut être des concerts hors du temps et des règles ou alors nettement en avance sur leur temps (que ce soit Blurt, Björk, Bauchklang ou le malheureusement méconnu duo The Books) voir des personnages complètement barrés ou des œuvres plus simplement très personnelles. La question est de les trouver cette année. Ce genre de concert tient souvent de la prise de risque maximal du coup ça peut ressembler à une loterie. On peut repérer quelques noms sans pour autant miser plus sur l’un que l’autre.
L’an dernier on peut citer le concert d’Orka. Dans le même esprit nature – bricolo – écolo en plus joyeux, on trouve les Canadiens de The National Parks avec des sonorités plus hip-hop à l’Aire Libre le Jeudi3 et le Samedi 5. On a également Framix projet alliant vidéo et sonorités électroniques, country ou dub, au 4Bis le Jeudi 3. On peut citer Gablé dont on a déjà parlé là le vendredi 4 à La Cité. Le lendemain toujours à LaCité, deux groupes pourraient aussi marquer les esprits. Django Django tout d’abord comparé à The Beta Band ce qui permet de dire que cela sera sans doute déroutant et opposer à toutes les règles en cherchant à nous les faire perdre en mélant folk, psychédélisme et électronique . Ils seront suivis du duo The Agitator qui n’utilise que leurs voix et des percussions pour un résultat qui semble énergique et remuant, agiter quoi.
Voilà on a les nominés. Maintenant ils suffit d’aller voir qui seront les vainqueurs.
…il s’en passera de belles au parc expo. Éparpillés le Vendredi mais concentrés le Samedi dans le Hall 9, il faudra faire son choix parmi les groupes et DJ présents. La programmation electro est large dans les genres et les influences mais aussi dans les âges puisqu’on pourra observer le pionnier DJ Morpheus et la tête d’affiche Mr Oizo qui feront écho à une nouvelle génération débridée et forte de sa culture internet.
Dans le genre déchainés, on pourra compter sur South Central (Samedi Hall 9). Ce n’est pas pour rien que les deux anglais tournent avec les Prodigy, les pistes en écoutent sur leur myspace sont assassinent. Il est difficile de ne pas pousser le volume et de hocher la tête tel un zombie mort avec Smack My Bitch Up dans son Walkman. Les beats sont violents, les textures très saturés et des accents 8-bits viennent parfois rafraîchir le tout. Je ne veut pas m’avancer mais ce sera surement une bonne claque.
En écoute sur Spotify leur album de 2008 The Owl Of Minerva.
Le myspace des South Central et le dernier remix de A place to Bury Stranger – Keep Sleeping Away :
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Pour le groove et le minimalisme, il faudra passer par la case Danton Eeprom (Samedi, Hall 9). Sa house agit par petites touches, par petites phases pour stimuler les danseurs que nous sommes. Frôlant parfois le silence (sur Conf Of A English Opium Eater), le français sait nous balader sans jamais ennuyer. Également fin remixeur, il s’est fait la main sur les titres de Lykke Li, Little Boots ou encore Simian Mobile Disco. Un exercice dans lequel il a su faire plier les énergies pop à un style plus élégant. Je suis vraiment curieux de voir ce qu’il peut donner sur un set live. Avec un jeu de lumière adapté, l’ambiance pourrait devenir magique.
Encore plus près de chez nous (enfin de chez moi), les rennais du Modul Club viendront clôturer le Hall 4, le Vendredi avec une pêche furieuse. Les Transmusicales ont fait des petits puisque Dan et Steph se sont rencontrés à l’édition 2008. Il était donc logique qu’ils reviennent cette année avec leur nouveau set. Comme pour leur cousins anglais, South Central, l’énergie est au rendez-vous mais leur son est plus axé club, proche de la French Touch. Vendredi soir ou Samedi matin, il faudra donc tenir, bouger ses petites jambes sans jamais renverser son verre consigné.
En écoute Computer Boy :
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Enfin, un groupe qui n’avait pas prévu de quitter son studio et encore moins son île d’origine, l’Islande. Les FM Belfast, collectif oscillant entre 3 et 8 membres, proposent pourtant une electro-pop festive qui semble assez contagieuse en concert. Sur MP3, les morceaux sont assez homogènes, rafraîchissants et légèrement pop. En fin compte, leur musique colle plutôt bien à l’image de leur pays. Glaciale à l’extérieur mais chaleureux au fond. On se demande quand même ce qui leur a pris d’écrire l’hymne Underwear. Avec des températures sous le zéro, on s’imagine mal courir en slip dans les rues de Reykjavík.
Le myspace de FM Belfast. (A écouter, la reprise Pump assez déstabilisante)
Quatres jeunes pousses électro plutôt axées house/club qui transformeront l’un des rares festivals du mois de Décembre (peut être le seul) en une boite de nuit gigantesque.
J’ai beau avoir fait le tour du quartier, je ne vois vraiment pas comment Josh Homme et ses complices de passage (Jeordie White, Nick Oliveri, Josh Freese, Chris Goss, PJ Harvey, Alfredo Hernández, Jesse Hughes, Ben Shepherd, Joey Castillo) ont pu trouver l’inspiration. L’endroit semble véritablement désert. Des quartiers typiquements américains avec des routes interminables appliquant les mots "perpendiculaire" et "parallèle" au gravillon près. Enregistrées à partir de 1997, dans la ville de El Cajon en Californie (près de San Diego), les 10 volumes des Desert Sessions sont pourtant bien loin de l’ambiance locale.
A l’intérieur du Rancho de La luna (voir la map) les musiciens se succèdent pour jammer avec Homme. Ils expérimentent, stonent, composent dans le laboratoire pour donner naissance à des ambiances toujours sombres mais éloignés musicalement. Exemple : Ces deux éprouvettes, Crawl Home et I Wanna Make It Wit Chu dévoilées sur le plateau de Jools Holland. D’un côté Crawl Home et ses faux airs de post-punk. P J Harvey, cintrée dans sa robe, accompagne les salves guitare/basse avant la délivrance et un refrain pop glamour. De l’autre, un titre plus connu. On aperçoit un verre de vin sur le piano. Josh Homme costard de crooner, clope à la main, ballade sa voix. I Wanna Make It Wit Chu est joué délicatement. Pas très stoner mais rock tout de même. Le groove de ce titre est vraiment très efficace. Idéal pour la radio, un peu slow, pas trop. On est en équilibre (cette chanson s’écoute facilement en boucle) sur quelque chose, quelque part surement dans un désert. (Cee-lo Green (Gnarls Barkley) l’avait d’ailleurs fait basculer dans la soul music avec sa voix gospel.)
Les Transmusicales de Rennes c’est dans quasiment 2 semaines. Il est donc plus que temps de faire sa sélection et de réserver ses places. Jusqu’au début del’évenement, nous essaierons donc de vous éclairer en vous proposant une sélection très subjective des groupes/artistes à voir (ou pas, travail oblige).
Vendredi 4 Décembre à la salle de la Cité l’ambiance sera étrange, psychédélique et douce. En effet pour cet après-midi Brightblack Morning Light, Gablé et Cass McCombs se succèderont dans des styles bien différents. Cela ne les empêchent pas d’être bien assortis. On retrouve dans chaque projet, un côté décalé et des sonorités folks qui vont faire de ce set un moment fort des Trans.
Il y aura tout d’abord les américains de Brightblack Morning Light qui nous emmèneront dans les derniers retranchement du mouvement hippie. En effet, Nabob et Rabob (ce sont des surnoms) vivent en Californie mais bien loin des fantasmes bling bling existant. En habitant dans une tente, ils continuent à entretenir l’idéal qu’évoque la mouvement psychédélique 70′s. Avec deux albums déjà à leur actif ont peut imaginer une ambiance envoutante, vaporeuse, rempli de psychédélisme. Toujours à la frontière du Gospel, du Blues et de la Country, les deux amis entretiennent un style à la fois chaud et léger. On espèra tout de même que le duo sur scène apportera un petit quelque chose, des montées en puissances, un plus par rapport aux versions studios.
Gablé est sans doute un des noms les plus (re)connus de ces Transmusicales (c’est dire le niveau), tout simplement car déjà présent l’an dernier. Ils ont gagné le prix CQFD des Inrocks l’an denier. Leurs deux derniers disques ont été publiés chez les anglais de Loaf Records. Le programmateur, Jean-Louis Brossard (il aura sa statue un jour dans la cour de la salle de la cité), les décrit comme le meilleur groupe français actuellement. En plus c’est trois là viennent de Normandie (2 barbus et 1 fille) ça a de quoi susciter l’intérêt. Alors pour décrire avec des mots leur musique on peut dire que s’entrechoquent folk, lo-fi,hip-hop, acoustiques et électroniques sans que sur l’ensemble aucun ne prennent le pas sur l’autre. On ajoute à cela un chant solo ou en chorale avec des mélodies entêtantes et des textes en anglais assez barré. La musique peut être douce et cogner ensuite comme elle peut être sombre puis enfantine. Tout cela dans des morceaux généralement courts se fichant royalement de quelconques formats du genre 4-4-2 couplets-refrains. Sur scène, on a l’impression que c’est la même chose si l’un des membres a dans ses mains une guitare, un jouet, un clavier, un sampler, une perceuse, un xylophone, des percussions ou un aspirateur. Ce qui en fait quelques choses de proche d’une performance mais une performance pour grands bambins. C’est un peu comme un bon film de Kusturica où on a une ou plusieurs idées ou trouvailles par scène, avec Gablé c’est par morceau. On obtient un joyeux bordel assez personnel, original et en recherche constante de décalage dans un naturel déconcertant (pas comme un groupe indie qui fait original pour faire original alors qu’il ferait mieux de retourner dans son garage répéter des reprises des Stones). Ajouter à cela qu’ils sont très attachant et plutôt drôle. Pour ces Transmusicales, le trio sera accompagné d’une violoncelliste et d’un batteur (avec qui ils jouent déjà depuis un moment) ainsi que d’une chorale. Un des concerts à ne pas rater de ces Trans pour ceux qui ne les auraient pas déjà vus (ceux les ayant vus voudront sans doute y retourner).
Pour ce qui est de Cass McCombs, l’ambiance se fera plus sombre et mélancolique. Avec sa pop-folk noire, l’américain, grand voyageur, défera ses valises le temps de nous jouer quelques chansons d’amours parfois rocks, parfois folks, parfois pop. A vrai dire, il est difficile de le situer. Au long de sa discographie, il varie les textures et les effets. Même si le dernier album Catacombs est très folk, les précédents sont beaucoup plus contrastés et témoignent du désir de se renouveler en dehors des modes et du temps. Tout ça à l’image de sa vie dans laquelle il a traversé les Etats-Unis de ville en ville pour trouver l’inspiration. Surement un personnage intéressant qui, espérons le, nous fera partager son vécu.
En somme, trois concerts parfaits pour la salle historique des Trans avec son bois et son côté vieillot et bricolé. L’ambiance y est en plus généralement chaude au propre comme au figuré.
Le groupe inclassable de Rami Khalifé, Francesco Tristano et Aymeric Westrich (ex batteur de Cassius), Aufgang sera en concert le 19 novembre au Café de la danse à Paris. Composé de 2 pianos et d’une batterie, le spectacle risque d’être atypique visuellement et musicalement. Pour ceux qui ne connaissent pas un petit tour sur le myspace de Aufgang.
Surtout fans de Rock’n Roll mais aussi du reste, j’aime passer du temps à découvrir de nouveaux artistes, dégoter des clips musicaux et surtout me rendre dans les concerts et les festivals. Un peu plus…