juin 21, 2010 @ 22 h 31 min

Jamie Lidell – Compass

jamie lidell compass

Avec Compass, Jamie Lidell frappe un grand coup en faisant table rase de tout ce qui avait fait le succès de son précédent opus. Poubelle, les ambiances gorgées de Stax et de Motown, bonjour, machines, boîtes à rythme et autres bidouillages.

Alors bien sûre, on ne peut être qu'a moitié surpris de ce virage. L'anglais a déjà prouvé de quoi il était capable en studio et sur scène en terme d'expérimentation. On se rappel par exemple de son passage chez From The Basement ou plus récemment du Book Of Moses réalisé à l'occasion de Record Club de Beck (Titre enregistré durant la création de Compass). Et puis n'oublions pas que l'arrière train de l'album est tamponné "Warp". Ce qui laisse toujours supposer un brin d'originalité. Ce qui semble vraiment nouveau c'est le procédé de création. En allant rencontrer aux quatre coins du continent américain des producteurs et musiciens pour travailler sur des morceaux précis (Beck, Feist, Chris Taylor, Pat Sansone, Chilly Gonzales), il récolte des sons, des idées et les met en forme par ses propres moyens. Sur Compass, Jamie Lidell est le maître à bord. On le ressent ! Prenons, par exemple, l'instrument principal : sa voix. Si elle est complètement cachée et déformée dans Your Sweet Boom, "Jim" choisit de la renvoyer à l'âge de pierre sur Coma Chamaleon. Les précédents albums ne laissaient pas  le chanteur s'embarquer dans de tels registres.

C'est donc un Jamie Lidell libéré et fou qui traverse ces 14 titres. Un fou qui se permet de balayer les différents rôles du chanteur soul avec une distance étonnante. Jouer au crooner : Check ! Sur le slow cosmique She needs me, les murmures laissent place à de grands cris de douleurs façon Sexual Healing. L'ambiance de la chanson, toute en longueur nous laisse le temps de passer nos mains sur le corps de notre partenaire… On se chaloupe dans la salle "années 80", il n'y a que la boule à facette pour nous éclairer…

"…Don't ever let her go, don't ever let her go…"

et tout à coup Jamie Lidell vient achever la chanson fougueusement. Je divague un peu mais cette piste est prenante et loin d'être naïve finalement.

Après ce moment intense, place au R'n B/ Electro. Alors je dis R'n B/ Electro… Mettons nous d'accord. Nous sommes bien loin de l'air de jeux des caïds classiques où le chien du voisin "Autotune" fait ses crottes tous les matins. (Non, monsieur !) I wanna be your Telephone possède un beat rageur armé d'une basse solide et groovy. L'urgence est palpable et l'ambiance très riche, ponctuée de riffs de guitares, évolue constamment durant les 3 minutes 30.

Compass pochette

Jamie Lidell à une vraie capacité à s'approprier les genres et même les styles de certains chanteurs. Pour preuve, l'hommage à Michael Jackson, Enough is Enough. Il explique s'être inspiré de la période Jackson 5. Je ne l'aurais pas lu avant d'écrire ce post je n'aurais jamais fait le rapprochement. Le titre joue une pop/funk légère et acidulée par une flûte traversière surprenante. Au bout du compte, après plusieurs écoutes, le titre aurait pu inspirer une des chorégraphies synchronisées aux 5 frères. Beaucoup plus évident (pour moi), le saccadé The Ring. Sur les terres de Stevie Wonder (puisque c'est de lui qu'il s'agit) la batterie de James Gadson nous rapproche de Superstition. Proche du taulier dans la nervosité, Jamie Lidell fait de The Ring un blues bruitiste qui explose dans tous les sens à chaque rythme. 

"Compass" est envahissant. Il capte mon attention du début jusqu'à la fin sans jamais s’épuiser. Enfin presque. Le titre éponyme de l'album Compass, reste ma petite déception. Le duo guitare voix tremblotante me laisse sur ma fin. Dans le domaine, des ambiances "spirituelles" Big Drift m'emballe beaucoup plus. Un western psychédélique hanté par un fantôme mort-vivant. 

Cet album est excitant en tous points. De l'histoire de sa conception à l'écoute, il dégage un vrai sentiment de liberté. Jamie Lidell donne l'impression de se jeter à corps perdu dans des expérimentations réussies toutes plus improbables que les autres sans jamais se donner de grands airs. 

Si vous n'êtes pas convaincu, je vous invite chaudement à cliquer sur ce lien et à écouter : 

L'album Jamie Lidell – Compass

Pour les grands sceptiques je suis prêt à venir vous faire une chronique personnalisée de vive voix. (Pour un rendez-vous, je lis les tweets, les commentaires Facebook et mes mails). Avant cette mesure, un petit tour du côté de la Blogothèque et du Concert à Emporter qui lui était consacré à la sortie de "Compass" peut suffire : 

TUYSBX & Enjoy !


Filed under TUYSBX News

2 commentaires »

  1. Posted by @lisennLZ

    juin 21, 2010 @ 21 h 48 min

    Alors moi je veux bien la chronique personnalisée de vive voix, parce que franchement la prestation du-dit personnage à Rock en Seine il y a deux ans m'avait laissée de marbre… Mais à la lecture de ton article, ma curiosité l'emporte au fond…j'irai écouter tout ça !

  2. Posted by Pannouf

    juin 21, 2010 @ 22 h 08 min

    Tu en as de la chance ! Je ne l'ai jamais vu sur scène mais rien que d'entendre sa voix "inonder" les rues de Paris sur le concert à emporter , j'ai des frissons :)

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