Nous voilà dans le bain à zigzaguer dans le Liberté entre les stands, à discuter par ci par là.
Pour nous, le Vendredi à débuté Salle de la cité pour le concert des rennais La Corda. Un de nos bons moment ce weekend. Plonger dans un jeu de lumières clair obscur très fin, le trio a joué avec leur ami le silence. Verre d'eau, harmonium, batterie étouffée, La Corda se démarque facilement du reste de la programmation. La musique est constamment absorbée par un silence intense qu'il ne faut surtout pas troubler. Même les musiciens sur scène ont le soin de déplacer leurs équipements lentement pour ne pas "polluer" leur travail. Elégant et fin ! (une interview du groupe à venir)
22h sonne. Parc expo nous revoilà ! Dans le Hall 4 Conan Mockasin, que je n'imaginais pas du tout comme ça physiquement (Un mélange de Claude François et d'Andy Wharol), déballe son rock sixties-délique méthodique et terriblement exotique grâce à son accent néozélandais. Sentiment mitigé à la sortie du set mais une vraie présence sur scène, bizarrement légère, qui tient le public.

Dans le Hall 9, là où j'ai passé la majeure partie de la soirée, l'ambiance est encore raisonnable. Raph Dumas termine son show avec son big band moderne. Perso, je m'approche de la scène pour bien voir Janelle Monaé, pour ne rien manquer. Et j'ai bien fait, le show était excellent. Comme savent le faire les entertainers américains : Exaltation, moment de calme (parfois ennuyeux), exaltation…une vraie montagne russe groovy, conduite par un guitariste à la chevelure douteuse, qui nous a menée vers le mont Thightrope. Final funky d'une puissance rare. Mieux qu'à la TV. Au lieu de changer intelligemment de hall pour apprécier le reste de la programmation nous restons devant le set ciné/jazz de Matmon Jazz. Un voyage visuel riche qui a vraiment bien tenu le hall 9 avant la venue de M.I.A.

Bang Bang ! La londonienne n'a pas fait dans la dentelle, un peu dans le playback parfois (il me semble). Le son était brouillon c'est sûre. Beaucoup l'on écrit mais honnêtement c'était un très bon moment de liesse et de joie. Au devant, sur les barrières, le pogo se pratique très bien. On secoue la tête, on regarde toutes les lumières s'agiter et on "put your hand up" régulièrement. Oui j'ai fait mon cake sur M.I.A. . Je l'admet volontier. A noter que la miss néglige tout de même les chansons de son dernier album. Ce qui n'est pas plus mal…
Rincé, fatigué je me suis glissé dans le hall 4 pour écouter le sympathique Alex Metric. Habitué au Dj set, il était, pour les transmusicales, accompagné d'un groupe pop-rock. Semblant dénudé, il a sut adapter ses titres sans soucis. Le tout fonctionnait.
Après une rude stickers-war contre la The Drone Team, un café et une galette saucisse je rentre gentiment à la maison. La dernière journée nous attend.
Samedi est déjà là. Pas trop dormi. Il faut se motiver. Les jambes sont maintenant lourdes. Je ne sais pas combien de kilomètres nous avons pu parcourir en 3 jours mais je pense que c'est énorme. Note pour plus tard : Penser à louer un podomètre l'année prochaine.

Nous commençons la soirée dans l'élégance, la sensualité et la délicatesse avec le flow de Dominique Young Unique. La londonienne est un vrai personnage ! Un black Betty Boop hip hop hissée sur 10 cm de talons avec un flow ravageur. Si le set s'inscrit parfois dans la répétition on appréciera le style.

Escale chez Matthew Dear dans le Hall 9 qui était un peu trop grand pour l'américain. Son électro précis et élégant aurait mérité d'être épaissi pour la circonstance. Nous ne restons pas tout le set et faisons un détour chez le taulier Roky Erickson pour écouter sa musique garage psychédélique. Retour aux sources avec un son rond ancré dans les bases du blues. Du rock'n roll 70's classique exécuté comme il faut.
Après un arrêt aux stands retour dans le hall 9 pour la calote. The Gaslamp Killer est derrière sa console et électrise le parc expo. Son electro dub nous met enfin en jambe pour la soirée. Nous dansons, nous sautons, nous nous prenons bras dessus, bras dessous…c'est beau cette masse de cheveux qui s'agite au loin ! Si les silences nous rendent dingue, nous avons du mal à exécuter un pas de danse sur les salves. On voudrait sortir tout notre attirail de mouvements dans la seconde où on entend ce son. Le kiff les amis !
A notre retour dans le hall 3 c'est The inspecter Cluzo qui est sur scène. Avec sa guitare rouge et sa cravate on l'assimile facilement à Angus Young. Tout aussi énervé au chant il ne ménage pas le public. Il le laisse venir sur scène, danser sur des solos de plusieurs minutes. Un show intense et festif qui fait du bien le samedi soir.

Devant A-Trak qui était en "petite forme", d'après un ami habitué de ses performance, nous allons nous asseoir. L'ambiance est là. Nous sommes maintenant dans la plus grande boite de nuit d'Europe. Tout le monde cri des Wououwouou sur Barbra Streisand. "c'est la teuf" comme on dit !
Quoi que… je crois que nous nous sommes encore plus éclatés chez Gonjasufi. Pour être franc je n'ai jamais écouté son album. Seulement quelques titres sur internet. Nous n'attendions rien de spécifique. On m'avait dit "tu vas voir c'est de l'abstract hip-hop. C'est super sympa" (a peu près). Sauf que l'abstract hip-hop, nous l'attendons toujours. Le garçon nous attendait de pied ferme (légèrement marijuané le pied ferme) avec un groupe de rock de petits blancs propres sur eux. Ce qui fut sans appel. Une sorte de déception a pointé le bout de son nez chez pas mal de monde. Pour notre part nous avons aimés cette rencontre improbable. Nous avons vu une sorte de Iggy Pop moderne. Vous savez le genre de type charismatique qui a besoin d'être tenu par un groupe solide. C'était tout à fait ça. Les "Stooges" de la soirée était placés en cercle comme les barreaux d'une cage pour tenir le lion rasta Gonja… Gonja & The Stooges ! D'ailleurs nous avons eu droit à I wanna be your dog. A noter que le Gaslamp Killer, à peine remis de son set, est venue placer quelques beats dans le hall 4.
Le samedi soir fût donc un vrai défouloir et un moment de découverte intéressant. La même pensée m'a trottée dans la tête pendant les 3 jours. En conduisant la journée, la radio était branchée sur une station à la programmation limitée à 4 titres (enfin 2 si tu enlève les Black Eyed Peas) et j'étais frustré. Est ce qu'un jour la musique que j'allais entendre ce soir atteindra les émetteurs de cette radio ? La réponse est facile.
Autres comptes rendus des Trans Musicales :
Dissogirl qui de derrière sa fenêtre à vue pas mal de choses (
Vendredi et
Samedi)
TUYSBX & Enjoy !