Il y a des semaines plus intenses que d'autres. En tout cas musicalement parlant. A Rennes, la semaine dernière (23 Mai) c'était une grosse livraison. Au moment où les étudiants commencent à délaisser la ville, les lieux de rencontre se font plus rares, on se retranche donc sur les piliers.
Mardi, il fallait donc se rendre à l'UBU pour confronter ses tympans a la crème du garage rock. En tête d'affiche, Ty Segall précédé par le non moins prometteur Dan Sartain et le groupe Two Tears. 100% US, 100% montées en puissance. Un flux constant d'énergie a déferlé sur nous durant plus de 3h. On a eu chaud.
Avec Kerry Davis (ex-Red Aunts et Behive and The Barracudas), les premiers accords électrifiés se font entendre. Two Tears sont projet solo est brut et principalement basé sur le côté simple du punk. C'est un peu répétitif mais le sexy vient régulièrement colorer le tout. Sympathique, l'américaine articule quelques mots en français entre chaque titre. Un bon moment. Un bon échauffement.

Vient ensuite Dan Sartain. Seul (contre tous). Planté devant nous. Accompagné de son ampli… On se demande bien quelle recette il va utiliser pour nous faire danser sans basse ni batterie. Cheveux plaqués au pento, le type nous laisse appréhender son jeu de guitare. Les premiers morceaux sont plus délicats, ramassés et timides. Et au moment où nous aurions pu douter, il nous prend au piège. Son rockabilly se forme sous nos yeux. Dan Sartain est maintenant rouge et souriant. Il se laisse habiter par quelque chose. C'est particulier à voir et à entendre. Il y aura également une seconde partie un peu moins intéressante. Avec le retour des musiciens de Kerry Davis. Ici, moins de nuances. Du punk, voilà tout.

Et puis… et puis… et puis… Ty Segall. Blondinet de 24/25 ans, (Dans mes âges), avec au compteur 4 albums et des Ep, splits à foisons. Un de mes concerts de l'année. Décontraction californienne. Dès qu'il balance ses cheveux sur le visage il n'est plus le même. Son masque capillaire le laisse invoquer les forces du rock'n roll. Garage amour, psychédélique toujours. Lui et son groupe ne joue pas particulièrement fort par rapport au deux prestations précédentes mais les compositions absorbent la foule. Depuis plus de 50 ans maintenant, les groupes de rock s'échinent à faire sonner correctement une guitare, une basse et une batterie. Les mêmes ingrédients jamais cuisinés de la même façon. Ty Segall ne s'est pas contenté d'apprendre une recette mais plusieurs. Surf musique, ballade psychédélique, punk… Il donne sa vision de chaque style et avec réussite. On est charmé par la troupe de Ty. Si j'étais rockeur, j'aimerai que ma batteuse se nomme Emily Rose.
Un beau début de semaine printanier qui ne pouvait pas s'arrêter là…
TUYSBX & Enjoy !