jan 27

hook and the twin interview

Lors des Transmusicales 2009 à Rennes, nous avons rencontré le duo anglais Hook and The Twin. Originaire de Bristol, Tom et Marc nous ont parlé de leur nouvelle vie londonienne, des machines dont ils se servent sur scène, de celles qu'ils aimeraient utiliser et de la manière dont ils fabriquent leur musique. Après avoir sorti 2 premiers singles, Race for the Bones et Bang Bang Cherry, on attend désormais la sortie d'un premier album :

TUYSBX : Vous êtes de Bristol et vous venez de vous installer à Londres. Est ce que cela change les choses pour la musique ?

Tom: J'aimerai dire non. Nous avons commencé à Bristol où il y a un fort héritage musical. Il y a des gens comme Tricky, Massive Attack. On a enregistré avec le producteur de Massive Attack, Neil Davidge. Ce qu'on a fait avec lui n'avait rien à voir mais il y a quelque chose de fort à Bristol, différent de Londres. Londres, c'est un endroit incroyable pour la musique. Quand nous sommes parti de Bristol, le Dub Step prenait le dessus. Tout se passe sur une plus petite zone, plus rapidement. A Londres c'est plus diffus. Si tu as un ami qui vit, qui fait de la musique à Londres tu met 1h30 pour t'y rendre. C'est plus difficile de se rencontrer pour répéter.

Marcus: A Bristol, il y a une forte identité mais avec des sons très différents. C'est une attitude. A Londres c'est plus impulsif et il y beaucoup de genres musicaux à l'intérieur.

Tom : Je ne pense pas qu'on puisse mettre ces deux villes dans le même panier.

TUYSBX : Vous avez longtemps répété et vécu dans une ancienne base militaire. Avez-vous enregistré des morceaux là bas et les jouez vous toujours ?

Tom : On a beaucoup joué, répété là-bas. C'était une musique bien différente de Hook & The Twin avec un autre groupe composé de moi, Marcus et de deux autres gars et on a enregistré quelques titres mais rien à voir.

TUYSBX : C'était déjà dans la mouvance Krautrock également ?

Tom : Non, c'était le genre de musique que tu joues quand tu vis dans les bois. Plus psychédélique…

Marc : … plus spatiale. Une musique qui se diffuse dans l'espace.

TUYSBX : Vous faites du "kraut-leaning". Quelles sont les influences qui ne vous rendent pas totalement krautrock ?

Tom : Nous écoutons d'autres choses plus psychédéliques. Panda Bear, un des membres d'Animal Collective. Nous aimons vraiment ça. Il y a aussi les Talking Heads qui sont plus dans l'énergie perpétuelle. David Bowie où il y a tout un tas d'influences. Un peu de dance et Matthew Dear qui lui fait plutôt de la minimal.

TUYSBX : Vous avez composé une bande originale pour le film Metropolis et vous l'avez joué live. Et vous, dans vos concerts, vous utilisez la vidéo ? Est ce que cela est important ?

Tom : Non pas vraiment. Je ne veux pas dire que nous n'en avons pas besoin. Cela pourrait être bien. Ce que l'on voudrait bien faire ce sont des "live looping". On connaît un gars doué en informatique qui pourrait nous aider à incorporer la vidéo dans les mêmes commandes que l'on utilise pour jouer la musique.

Marc : Le même évènement peu créer le signal audio et un évènement visuel. Donc on cherche un procédé pour avoir un système de vidéo live rattaché à la même borne de commandes et qui nous permet de créer des boucles vidéos par nous même.

Tom : Vous connaissez Cornelius ? C'est un japonais et tout son show est basé sur la vidéo. A chaque fois qu'il joue une note quelque chose se passe dans la vidéo et c'est très proche de ce que nous souhaiterions faire.

TUYSBX : Quelqu'un vous l'a peut être déjà dit : Le Krautrock, Metropolis de Fritz Lang, vous avez été allemands dans une autre vie ?

Tom : J'avais commencé la littérature allemande à l'université et la littérature française aussi. Peut être que cela à joué un rôle. C'est plutôt la manière dont on fait les choses qui nous a mené à ce résultat. On répète les mêmes boucles pendant des heures et des heures.

TUYSBX : Ce soir vous allez jouer avec votre "Bank of machines". Pouvez nous en dire un peu plus ? Qu'est ce que cela vous amène sur scène ?

Marc : On utilise le logiciel "Live" que Tom contrôle avec les pédales au sol. On peut ainsi créer des boucles avec le son de la guitare, de la basse et du clavier. Ça donne comme ça beaucoup plus d'options.

TUYSBX : Vous utilisez les boucles en live pour la guitare ?

Tom : On l'utilise pour tout. Marc joue de la batterie en live et j'enregistre un peu de basses, de voix et de guitare. Cette "Bank of machines" c'est comme un mini-studio que je contrôle avec mes pieds.

Marc :  C'est important pour nous de créer notre musique en direct le plus possible. Avec la musique électronique c'est normal de faire des sets au laptop mais nous nous sommes un groupe. On doit jouer live.

TUYSBX : Vous avez voulu conserver le meilleur du djing pour l'intégrer dans un groupe de rock en fait ?

Tom : Exactement. Exploiter les possibilités d'un ordinateur sans qu'il ne prenne le contrôle sur le groupe.

TUYSBX : Pouvez nous décrire votre musique sans aucun terme musical ?

Tom : (il dit la phrase lentement en réfléchissant) C'est comme vivre dans un appartement où à l'étage d'au dessus un groupe joue du rock et par la fenêtre vous pouvez voir la mer, des champs et une usine au coucher du soleil.

TUYSBX : C'est une chouette description. Qu'est ce que vous faites après le concert ? Allez-vous voir quelques groupes ?

Tom : Je ne sais pas. On voudrait voir An experiment bird on the air pump. On a joué avec elles dans un festival à Londres cet été.

Marc : Il y a aussi demain (Vendredi) euh… comment ils s'appellent. Black star morning light quelque chose comme ça.

TUYSBX : Brightblack Morning Light ?

Tom : Oui voilà. On aime bien ce qu'ils font. Ils ont enregistrés leur album dans un tente je crois. Et il y a également Mr Oizo ça risque d'être cool.

TUYSBX :
Merci les Hook & The Twin pour cette interview.

Tom & Marc : Merci à vous.

Pour ceux qui souhaitent découvrir et entendre les duo en action quelques liens utiles :

Le myspace de Hook and the Twin : http://www.myspace.com/hookandthetwin

La page Spotify de Hook and The Twin où vous pouvez entendre les deux singles.

Et le vidéo clip de Bang Bang Cherry :

TUYSBX & Enjoy !

déc 15

the politics aux transmusicales 2009 rennes

Pour coller à l'actualité climatique, on a choisi de commencer par les danois de The Politics même si ceux là ont plutôt tendance à réchauffer l'atmosphère sur scène. Aux village des Transmusicales sur une petite table ronde, nous avons fait connaissance avec les 3 membres David Boyd, le chanteur danseur, Søren H, le guitariste pianiste et Poul Amaliel, le batteur un peu fou de ce groupe rock influencé par le hip-hop. Des types sympas et excités par ce qui leur arrive. Pour que vous sentiez bien leur enthousiasme on vous a mis les bandes sons en V.O. à côté.

 

 

TUYSBX : On a tenté de trouver des informations sur vous avant de vous interviewer mais il y en a peu. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? Comment êtes vous venu à faire de la musique ensemble ?

Søren : On a commencé au mois de Février donc le groupe à environ 10 mois. David et moi on faisait déjà de la musique ensemble depuis pas mal de temps et au moment de se présenter au concours, que nous avons gagné au Danemark, nous avons eu besoin d'un batteur. Paul était le plus fou de tous et maintenant c'est de pire en pire (rires). Tout les conditions étaient réunis pour que le groupe se crée et ensuite tout s'est enchaîné très vite.

David : On est juste un groupe qui a trouvé quelque chose que les gens aiment et on avance comme ça.

TUYSBX : Votre nom c'est "The Politics". C'est très général, vous ne vouliez pas que l'on vous retrouve sur google ?

David : A la base on devait s'appeler "Rubber Head Bandeds" mais tout est arrivé très vite quand on a gagné le concours. On avait jamais eu de groupe avant. Poul (le batteur), officiellement, appartenait à un autre groupe. Nous faisions de la musique ensemble seulement en passe temps. A la dernière minute, il a fallu se décider quand ça a commencé à s'agiter autour de nous, qu'il a fallu partir en tournée et que nous avons rencontré Jean-Louis Brossard.

TUYSBX : Est ce que vous avez choisit ce nom de la même manière que Police là fait pour se retrouver sur toutes les premières pages des journaux ?

Søren : On a pas vraiment pensé de cette manière pour trouver ce nom. Comme le dit toujours David, nous sommes agressifs et nous savons ce que nous voulons et c'est ce que font les hommes politiques.

Poul : La politique est partout et personne n'y comprend rien.

David : "It's everything in anything ! ". Quand on voit les politiques on voit des gens agressifs qui cherchent à imposer leurs idées. Il n'y a rien de négatif dans tout ça. On trouvait ça plutôt amusant et c'est comme ça que l'idée est venue. Et c'est un nom plutôt cool ! Maintenant que l'on va être signé sur RCA et que nous nous sommes installés à New-York tout ça prend de l'importance et le nom aura forcément un impact.

TUYSBX : C'est pour ça que sur votre myspace, pour le pays d'origine, il est écrit Etats-Unis ?

Søren : Paul va venir s'installer en Janvier et David et moi nous vivons déjà là bas.

David : Mais on va remettre Danemark aussi, c'est juste temporaire le temps que l'on refasse une nouvelle page. En fait, nous sommes danois et américains. Mon père a des origines américaines, suédoises et danoises. Le groupe est un mélange et ça se répercute sur notre musique.

TUYSBX : A propos de votre musique, vous êtes plus hip-hop/rock ou rock/hip-hop ?

David : Rock/hip-hop.

Søren : parce que, le hip-hop malgré tout ça reste du rock.

Poul : Je pense que cela dépend. Si tu nous vois jouer en concert c'est rock alors que si tu écoutes notre myspace, c'est toujours rock mais le hip-hop a un peu plus d'influence. C'est un mélange et puis ce qui doit arriver arrive.

TUYSBX : C'est rock mais on a l'impression que vous venez du hip hop lorsqu'on vous voit sur scène ? Vous faisiez parti d'un groupe de rap avant ? D'un groupe de danse (Pour david, le chanteur) ?

David : Paul fait de la musique depuis très longtemps. Depuis quand fais-tu de la musique Poul ?

Poul : je fête ma 20ème année de métier bientôt.

David : Et il a 22 ans (rires).

Poul : J'ai 25 ans !

David : Et Søren depuis l'âge de 15 ans.

Søren : Je jouais beaucoup de piano et d'autres trucs. Et avec David on a fait toutes sortes de musiques. On ne savait pas que cela donnerait un vrai groupe. On passait beaucoup de temps a essayer de reproduire ce que l'on avait en tête.

David : Pendant 3 ans et demi, nous avons beaucoup écrit et expérimenté. Pour répondre à ta question, nous venons tous du hip-hop. C'est ce que nous aimons. Je viens du milieu de la danse de rue, du breakdance. J'avais un groupe underground avec lequel je voyageais et faisait pas mal de battle. Comme pour la musique, c'était un passe temps. Quand j'ai rencontré Søren, il avait plus le côté rock et moi le côté hip-hop avec tout de même un peu de Rolling Stone et de Jimi Hendrix pour tout ce qui vient du breakbeat. Et on a mis tout ça ensemble. Donc il y a du hip-hop mais ça reste crédible.

TUYSBX : Est ce que vous aviez quelque chose en tête lorsque vous avez commencé le groupe ?

Søren : Oui, parce que quand on fait quelque chose on ne le fait pas à moitié. C'était vraiment ce qu'on voulait faire. On a emménagé à New-York parce que c'est à la rencontre des Etats-Unis et de l'Europe. On y va à 100%.

David : Et si ça ne fonctionne pas comme on le souhaite, on le fera toujours en tant que passe temps parce qu'il y a de l'amour et de la passion derrière. Je pense que c'est difficile de trouver quelqu'un qui n'y met pas un peu d'ambition même si c'est sa passion. C'est toujours sympa de savoir que les gens aiment ce que tu fais et que ça marche. C'est une bonne chose !

TUYSBX : Vous nous avez dit que vous aimez tous le hip-hop. Existe-t-il de bon groupes de rap au Danemark ?

Poul : Non. Il y a des artistes hip-hop mais pas de groupes. Il y avait cette fille Natasja (Je crois que c'est celle là http://www.myspace.com/tasjamusic) qui était vraiment douée.

Søren : Je pense que le problème c'est que la langue danoise ne se prête pas au rap mais c'et juste mon avis.

TUYSBX : Comme le français !

Søren : Le français sonne plutôt bien.

TUYSBX : Oui, de temps en temps.

Poul : Sting a un rappeur français sur l'un de ses disques.

TUYSBX : Sting ?

David : Oui, je crois que c'est MC Solar.

TUYSBX : D'ailleurs, il est passé aux Transmusicales.

David : Mais le rap, pour moi, ça doit…

TUYSBX : …être en anglais.

David : Oui, mais ce n'est pas pour ça que je trouve ça mieux. La rap c'est toujours la même chose avec des règles. C'est pour ça que je me libère de tout ça avec le rock. J'adore ça ! On peut faire ce que l'on veut que ce soit bon ou mauvais, bien ou mal. Je sais que je ne peut pas gagner une battle de rap, ça n'a rien a voir. C'est juste la puissance de ce moyen d'expression. Du rap, je ne sais pas ? Bien sur beaucoup de personnes nous ont dit que c'était proche des Beastie Boys et de Rage Against The Machine.   Que c'était du "White Rap".

Søren : Je pense que c'est cool de ne pas avoir de cadre, de ne pas se soucier si ça sonne old school ou autre chose. Si il y a un bon flow les gens adhèrent.

TUYSBX : Quand on vous entend des groupes énergiques comme the Hives (j'ai eu du mal à le prononcer) en tête.

Søren : On aime surtout Nirvana et tous les trucs de grunge.

TUYSBX : C'est ce que je pensais !

Søren : Mais on ne veut pas essayer de sonner comme eux c'est surtout l'énergie que l'on veut reproduire.

David : C'est le sentiment que ça procure qui est le plus important parce que c'est de l'art. Si tu vois une peinture, de la danse ou que tu entends de la musique bien sûr il y a une part de technique que tu dois appliquer correctement. Mais tu travailles tellement dur pour obtenir cette technique, comme pour la danse, que tu veut la détruire car se resterait simplement de la technique et non de l'art.

TUYSBX : Est ce que vous pensez que vous faites de la "teenage music" ? David : Je crois que on a un peu de tout ça.

Søren : Je pense que beaucoup de personnes aiment ça parce que c'est de la musique pop. On ne veut pas en faire mais il y a une part de mélodie qui peut faire penser à la pop mais on ne fait pas attention à ça.

Poul : Je pense que c'est un mélange. D'un côté les adolescents aiment notre musique parce que ça peut paraître rebelle et qu'ils voudraient faire pareil. Et de l'autre, les personnes un peu plus vieille aiment cette musique parce qu'ils se disent : "Oh, ça me rappel quelque chose mais ils le font d'une autre façon".

David : Oui, on en revient encore au sentiment. On ne s'adresse pas à un âge précis, il n'y a pas de marketing. C'est du rock.

TUYSBX : Donc c'est votre première expérience professionnelle dans la musique ?

David : Oui et c'est amusant car pendant longtemps, je parle pour moi, tu essayes d'être créatif, de faire des choses mais tu n'es jamais prêt quand il le faut.

Søren : Tu trouves toujours quelque chose qui a été fait avant et quand tu le joues tu ne pense pas que c'est toi. Et dans le cas des Politics, c'est vraiment nous. C'est un mélange fou de nous tous. On n'interfère pas dans ce que fait l'autre. On se respecte trop.

David : C'est la recette ! Un grand merci au groupe The Politics  pour nous avoir donner un peu de leur temps et merci également à Benjamin pour nous avoir calé l'interview.

Merci !

Vous pouvez écouter The Politics sur leur myspace, voir ou revoir leur concert aux Transmusicales sur Arte Live Web. Nous on se repasse le clip "Yeah Yeah Yeah" :

TUYSBX & Enjoy !