TUYSBX Albums Archive

février 9, 2012 @ 13 h 38 min

Album : Papier Tigre – Recreation

Papier Tigre - Recreation

Récréation ou REcréation ? Après 4 ans de silence discographique et une activité scénique incessante (350 concerts dans 20 pays), le trio Papier Tigre revient avec 10 titres solides. Une façon, peut être, d'alimenter la machine scénique (récréation) ou d'agir autrement en tant que groupe. Repasser à la composition, à la (re)création pour remettre à jour les envies du groupe.

Des envies, de l'envie, il y en a eu sur ce troisième album. Sans aucun doute. Complexe, enragé, dans la ligné des deux premiers albums, chaque titre est léché. Pas un coup de guitare plus haut que l'autre. En 4 minutes de Parents and Neighbours, l'avant dernier titre, c'est un équipage à la manoeuvre. Au milieu d'un océan déchaîné, Papier Tigre s'active. Chacun se relayant à la barre pour nous reconduire vers cette destination rock toujours teintée de rythmes africains. 

En 4 ans de pseudo-silence, le trio ne s'est pas laissé aller. Dès l'entame, I'm Someone Who Dies feint la lassitude pour mieux cacher ses 50 dernières secondes de drame tout en réverbes. Dans la même veine, This and That And More Of This And That complexifie l'exercice en appuyant simplement certains passages au fil du morceau. Chaque chanson sonne comme un grand moment solennel où la voix d'Eric Pasquereau, chaude et toujours à la limite, donne le coup de départ. C'est peut être ce qui est le plus prévisible chez Papier Tigre (et même chez Patriotic Sunday). Cette accroche vocale qui introduit la plupart des titres. Une punchline rapée qui te tutoie pour que tu reste à l'écoute. Ca fonctionne bien même si, comme je le dis plus haut, c'est l'élément prévisible (oui je sais, on appel ça une marque de fabrique)

On peut se dire qu'un Papier Tigre qui n'a pas rugit pendant 4 ans peut avoir quelques chats dans la gorge. Que nenni. Pour s'en prémunir, le trio est parti aux USA, à Chicago, se procurer une pastille-producteur qui répond au doux nom de John Congleton. Complice de groupes important (The Roots, The Thermals, Wye oak et bien d'autres), le producteur texan s'est immiscer sobrement en donnant du corps au tout. Sans tomber dans l'américanisation, le son du groupe  s'est épaissit. Un façon de donner de l'impact à chaque chanson. Sur ce point, Hometruth, le premier extrait, était déjà saisissant et laissait entrevoir le côté plus fourni de l'album. Écoutez également les premiers coups de batterie d'Afternoons…et le reste du titre. Toute en montée, les grondements de guitares sont prenants.  

Recreation est dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Un grognement incessant. Ce "truc" que l'on pourrait très bien garder pour soi mais que l'on dit finalement. Pour l'exprimer, Papier Tigre jette ce "truc" dans un math-rock imprévisible et fin. Un album dense où l'on retrouve cette envie constante de lier rythmes africains, rock progressif et punk.  Un vrai plaisir à l'écoute.

Pour terminer, écouter Papier Tigre c'est imaginer le rendu sur scène. C'est  imaginer une performance qui brutalise chacun des titres. Des probables coups de guitares encore plus assourdissants… Il faut aller voir ce groupe sur scène que ce soit en tournée solo ou dans La Colonie de Vacances (leur tournée commune avec Pneu, Electric Electric et Marvin) (voir les dates en bas de post)

Papier Tigre – Recreation sorite le 1er mars en précommande sur le site officiel.

Afternoons

Hometruth

 

Concerts :

2011/10/30 – FR, PARIS – Petit Bain © Matias Corral© Matias Corral

Février 2012
2012/02/24 | FR, NANTES | Stakhanov w/ CHAUSSE TRAPPE, PAPAYE
2012/02/29 | FR, LIMOGES | Fourmi w/ NO PILOT

Mars 2012
2012/03/01 | CH, LAUSANNE | Romandie
2012/03/02 | FR, MACON | Cave à Musique w/ GENERAL ELECTRICS, SHIKO SHIKO | Tickets
2012/03/03 | FR, VAGNEY | Estaminet w/ LA PINCE, TENTACULOS
2012/03/04 | FR, STRASBOURG | Mudd Club
2012/03/05 | FR, BESANCON | Cour des Miracles
2012/03/06 | FR, CLERMONT FERRAND | Raymond Bar
2012/03/10 | FR, MONTAIGU | Noctambule
2012/03/22 | FR, BOURGES | Emmetrop w/ ELECTRIC ELECTRIC
2012/03/23 | B, MOUCRON | El Bar
2012/03/25 | B, BRUSSELS | Magasin 4

Avril2012
2012/04/04 | FR, BREST | La Carène w/ MNEMOTECHNIC, SHIKO SHIKO
2012/04/07 | FR, PARIS | Point Ephémère w/ CHAUSSE TRAPPE, RM HUBBERT

Mai 2012
2012/05/03 | RU, Londres| The Old Blue Last w/ CANTALOUPE

Juin 2012
2012/06/16 | FR, BERGERAC | Houlala Rock’n'Bar


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janvier 31, 2012 @ 23 h 01 min

Album : Regal – Possible Endings

Regal - Possible Endings

Samedi, je suis allé au Sambre (Rennes) et j'y ai découvert Regal. Vaillant groupe de garage rock en provenance de Lyon. Au delà d'un set en bonne et due forme, j’ai pu m’intéresser à leur premier album, "Possible Endings", qui fleurent bon la méthode Black Lips. Une sale manière qui consiste à prendre une ballade et à la rendre folle. Crier dessus avec négligence et lui imposer un rythme de malade. Pour le terme "rythme de malade", merci de l'associer à l'instrument basse pour cet article. Do As I Say ou These Things Have Past peuvent en témoigner. Toujours en embuscade, le bassiste s'assure que personne ne fasse attention à lui dans les premières secondes puis il déboule. Sans crier gare sa main se met à se balader sur le manche. De gauche à droite, de haut en bas. Une fois qu'on a vu Regal sur scène on ne peut plus l'ignorer.

Regal c'est aussi des titres qui l'air de rien restent dans la tête. Toi Toi en tête. Le riff de ce second titre peut vous coller pendant toute une journée. Une balade, encore, plus soft et pop qui montre que les garçons peuvent aussi s'appliquer. Faire de jolies chansons, rester crade, mais faire de jolies chansons.

Les 12 titres sont tous bluffant en terme de production. Women are Crazy sonne plus que jamais rétro, Industrial King semble tout droit sorti d'un EP d'un de ses groupes garage de San Fransisco. Le travail de copie est très aboutit. Cet album est un vrai bon moment. Alors Regal propose-t-il un simple travail de copie ou souhaite-t-il aller au delà ? En tout cas les compositions sont déjà originales. Ce qui ne laisse présager que du bon.

Affaire à suivre.

En écoute : 

Do As I Say 

Palestine

A voir : 

Le clip du tube entêtant Toi Toi

Regal : le reste de l'album Possible Endings à découvrir sur Bandcampen vinyl sur Frantic City Records

Les dates de leurs prochains concerts : 

 

mer 01 fev : Marseille, La Machine à coudre
jeu 02 fev : Annecy, Comptoir de la Folie Ordinaire 
ven 03 fev : Lyon, Tostaki – TBC
sam 04 fev : La chaux de fond, Le Centraf' 
lun 06 fev : Strasbourg, Mudd Club
mar 07 fev : Tubingen, Epplehaus
mer 08 fev : Brussels, DNA LP Release Party!!
jeu 09 fev : Tournai, Watermoulin 
ven 10 fev : Lille
sam 11 fev : NL
Lun 13 fev : Berlin, White Trash 
mar 14 fev : Hamburg 
mer 15 fev : Berlin, Wowsville (acoustic show)
jeu 16 fev : Varsovie
ven 17 fev : Krakow
sam 18 fev : Szolnok, Tomi pub 
dim 19 fev : Budapest, Trafik club
mar 21 fev: TBC
mer 22 fev: Zagreb, Spunk
Jeu 23 fev: Northern Itlay
ven 24 fev : Lucarno, Canetti 
sam 25 fev : Briancon – TBC


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décembre 26, 2011 @ 22 h 16 min

Emilie Simon – Franky Knight

Emilie Simon - Franky Knight

Je l'avais déjà écouté une première fois sans savoir que "Franky Knight" était conçut pour un film. Ma réaction a été la même que pour les précédents projets d'Emilie Simon – oui, on peut parler facilement de "projet" pour Emilie Simon. Chaque album est guidé par une idée originale, une approche différente. C'est la force de la montpelliéraine – "Franky Knight" possède univers avec une esthétique forte mais l'intensité manque parfois pour provoquer l'adhésion inconditionnel. Je restais semi-comblé, sur ma fin.

Puis j'ai eu l'occasion de voir La Délicatesse de David Foenkinos. L'album a pris un autre sens. Le film, sobre et dégagé des niaiseries auxquelles ont peut se heurter lorsqu'on évoque un thème lourd et sentimental (la perte de l'être aimé), se mêle d'une façon surprenante aux chansons de "Franky Knight". Surprenante, oui, car la musique, teintée d'une certaine féérie électro, intervient avec une justesse insoupçonnée dans les différentes scènes. J'imagine même que certaines ont du être pensées comme des mini clips. Notamment pour I Call It  Love. Un doo-wop rétro-pop illustrant Audrey Tautou et son cher et tendre immobiles, main dans la main sous la neige. (n.d.tuysbx : 1.Ayant une très bonne mémoire je ne suis pas sûre que ce soit la bon titre pour cette scène 2. J'explique très mal la scène). Le film et la musique sont imbriqués. Le film racontant son histoire et Emilie Simon, en filigrane, la sienne puisque elle évoque dans l'album un drame personnel similaire à celui raconté dans le film.

"Rencontre de deux univers". Ici l'expression n'est pas faussée tant le décalage aurait put être immense. Mais désormais, en redécouvrant l'album, je baigne dans le propos du film. Que ce soit le mélancolique Mon Chevalier (Thème principal) ou le disco Franky's Princess. En quelques jours j'ai écouté 3/4 fois l'album et me suis même replongé dans ses "projets" précédents. Parfois on est con. On s'attend toujours à la même chose d'une personne mais on oublie de changer de point de vue.

Franky Knight d'Emilie Simon en écoute sur SpotifyUn article plus élaboré sur le site de France Inter avec un interview audio

Le clip de Mon Chevalier

Une interview du site L'Express / Culture

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décembre 19, 2011 @ 11 h 24 min

Câlin – Black Chinese II

Câlin - Black Chinese II

Je cherche encore une intro pour parler de Câlin et de leur premier album Black Chinese II. Comment parvenir à joindre le mot "Câlin" au mot "éléctro" et à tous les autres qui collent à ces 10 titres ? Je n'en sais fichtre rien !

Tout ce que je peux dire c'est que l'on se plonge sans soucis dans le délire électro 80's de Yugo et Francis. Provenant de Rien, un autre groupe de l'amicale underground, les deux compères signent une parenthèse complètement folle inspirée des grands mythes des années 80 : Georgio Moroder, Grand Master Flash, John Carpenter, Kraftwerk… Toutes les tendances de l'époque se croisent, s'enchaînent à une vitesse folle.

Retour vers le futur ! Ce Câlin est accompagné d'une tape derrière la tête.   Le duo prend un départ furieux dans cet album. A peine engagés dans l'intro hésitante Black Chinese, ils se coupent la chique avec le titre le plus extravagant de l'album : le foot c'est le pied. Sur fond de synthés, les riffs de guitare s'imbriquent parfaitement avec les voix perchées des 2 grenoblois. Un grand moment de rock chromé. Fou ! 

Idem lorsque Câlin s'attaque au funk/hip-hop. Robot Wigger prend la parole et c'est tout l'esprit de Grand Master Flash qui renaît. Le groove symétrique devient même sensuel avec la voix d'Anna Barie, ex-membre de These are Power (pas trouvé d'infos sur le groupe) : "If you wanna get up, you've got to say hé".

Le fluo et le funky laissent ensuite place à des ambiances plus sèchent qui marque un break, certes un peu brutal, mais qui assoit bien l'album dans sa fonction de bande originale rétro-futuriste. Du désert psychédélique décrit dans Love Rainbow aux balbutiements digne d'un Gainsbarre dans Les filles c'est du chinois, Black Chinese II prend une autre allure. Le Câlin devient une étreinte chaude pressant en nous larmes (Love Rainbow) et peurs inconnues (Don't worry Habibi, No wave Surf). 

Un anachronisme, donc, de surface. Simple prétexte d'entrée pour titiller les synthés, se les approprier et découler au fur et à mesure sur autre chose.  

Comme la plupart des projets de l'Amicale Underground, cette parenthèse est disponible soit gratuitement, en téléchargement ici, ou pour 11€ au format physique, en commande ici.

Câlin : BandcampMyspaceBlack Chinese II

Quelques extraits en écoute sur leur page bandcamp : 

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novembre 22, 2011 @ 22 h 11 min

Katawumpus – Soleil Cogne

Katawumpus - Soleil Cogne

Aux premières secondes d'Untitly 489 c'est une course interminable qui commence. Des premiers battements rugissant du silence nous plongeons directement au fin fond du sujet. Dans les méandres d'un esprit brûlant, torturé, à explorer les moindres zones ombragées pour voir ce qui s'y trouve. 7 zones ombragées, 7 titres, 7 tableaux bien distincts chacun avec son mystère à élucider. Que ce soit ce Vieux Chat Maigre alerte, qui finalement déraille, ou le balbutiant Tighten the Arms, l'auditeur s'égare, quelque part, loin de chez lui, sur un terrain à consistance variable. A chaque fois le principe est le même. On pose le décor pour mieux le détruire et révéler l'énergie (probablement solaire) qui fait fonctionner le titre. La méthode, ensuite, peut prendre bien des allures : Une élégance traître pour la première minute de I Want a Moustache, une ambiance rock complexe qui finit en grognements primaires pour Powerpoint… La cohérence ne dure qu'un temps dans "Soleil Cogne". Le rock progressif s'agrémente toujours d'une folie supplémentaire. Sous le joug de la batterie, voix et guitare se lassent facilement d'un trop de calme ou d'un trop de salves noise. La contradiction permanente des Katawumpus pousse l'auditeur à la folie. A l'insolation. C'est ça quand le soleil cogne tout devient trouble et les auvergnats prennent un malin plaisir à nous déstabiliser.

Lourd dans tous les sens du terme l'album des Katawumpus est un bel ouvrage de rock progressif. Coloré, multiple, chaque titre imprime une ambiance précise dans la tête de son auditeur. Le nom de l'album, Soleil Cogne, nourrit un peu plus notre écoute. Le sentiment d'avoir un astre rouge et brûlant au dessus de sa tête n'a jamais été aussi fort. C'est Ce sont des mondes aussi difficiles à parcourir que les routes sinueuses de l'Auvergne natale du groupe.

Pour preuve ces deux titres en écoute :

Untitly 489

Vieux Chat Maigre

L'album, dans son apparence physique, est également accompagné d'un enlivrement paru aux éditions Horripeaux. Ecrit par Cécile Coulon et illustré par Amélie Girard, Axel Garrigues, Chokko Primero et Xavier, il reprend et décline l'univers des 7 titres. Un projet qui donne à ce Soleil Cogne encore plus de saveur.

Les premières pages à feuilleter ici.

Katawumpus : 

L'album Soleil Cogne en écoute sur Bandcamp - Le site du groupe - Le site des éditions Horripeaux


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octobre 4, 2011 @ 8 h 30 min

No Pilot – Moderne contre Moderne

No Pilot - Moderne contre Moderne

"Voitures et pièces détachées". C'est ce qu'on peut lire dans la section catégorie de la page Facebook du brestois No Pilot. Pas illogique lorsque l'on pense à sa musique. Surtout pour la partie "pièce détachée". Je m'explique.

Toujours baigné dans le monde merveilleux du Krautrock, le garçon revient en cette rentrée avec un premier LP "Moderne contre moderne" dans la continuité de ses premières productions. Toujours à la recherche du parfait amoncellement de sons fabriqués main, l'aspect bricolage (Même si je n'aime pas trop ce mot) semble primordial dans sa démarche. D'entrée le End to End version 2011 nous rappel ce qui a pu plaire dans les premiers EP. La répétition obsessionnelle d'un thème en fond et la déferlante au devant. Des couches de sons, des surcouches de sons. Idem pour le Wir Fahren encore plus dingue que sur l'EP. Sur plusieurs titres, on remarque l'apparition de riffs de guitares bruts et froids bien assumés (Meurtre moderne, Dur chevalier). 

Bien sûr, ce premier LP de 13 titres est l'occasion de varier, de pousser les extrêmes dans chaque influence tout en restant cohérent. Dans la production. A aucun moment, il ne perd son auditeur. Du semi cérébral semi dansant, Brigade de nuit au glacial Cold culture l'électro est bien représentée et garde toujours la capacité de déranger. L'industriel n'est pas en reste avec un Guns On Town, final de l'album effrayant. Tous les ingrédients du monde de No Pilot sont là et parfois se télescopent dans un seul titre. En tout cas c'est l'impression que me donne The Excess. Une balade cosmique mystérieuse qui laisse graviter autour d'elle tout ce qui peut plaire au brestois.

Moderne contre Moderne est une première épreuve réussie qui ne trahie pas son créateur. Une expérience originale loin de tout ce qui peut être fait en ce moment. On y croit souvent. Parfois moins mais ce qui me plaît c'est qu'on se heurte à une approche vraiment  (vraiment !) différente de ce que peut être la musique en 2011 (et accessoirement en France). 

Pour un avant goût de l'album qui sort le 15 Octobre les deux premiers clips extraits du LP : 

Antenna On

No Pilot – Antenna On from ydncbttrwhnyrdrnk on Vimeo.

Et The Excess 

No Pilot – The Excess from ydncbttrwhnyrdrnk on Vimeo.

No Pilot : Site –  Moderne contre Moderne en écoute sur Bandcamp. Sortie physique le 15 Octobre chez Offoron Records.

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septembre 23, 2011 @ 8 h 30 min

Trunks – On The Roof

Trunks - On The Roof

9 caresses rock se sont glissées dans mon MP3. Certaines étaient douces. D'autres étaient brulantes… "On The Roof" second album de Trunks vous ballade sans vous heurter. C'est un trajet assis à l'arrière d'une bagnole d'où l'on voit tout un tas de choses se télescoper. Et tout d'abord les envies de ses protagonistes. Si le rock progressif délicat qui en résulte sonne homogène, il n'en est pas moins un catalyseur de forces contraires. Sur ces 9 pistes se croisent les ambiances élaborées de Laetitia Shériff, les guitares des We Only Said, le funk/jazz taré du Daniel Paboeuf Unity (DPU)et le noise de Chien Vert (Que des groupes de Rennes, tiens…).

Là où les choses se compliquent (en bien) c'est que chacun des protagonistes de ce disque reste à l'écoute de son prochain. Personne ne vient marcher sur les plates bandes de l'autre. Un échange s'installe entre les membres. Par exemple sur Clever White Youth ou Screaming idiots, ce sont les cuivres acides du DPU qui répondent aux coups de batteries assommants de Chien Vert (je suppose). Dans d'autres cas (Hardfiscurry, Derby), ce sont des guitares ardentes qui guident la troupe. Puis, au milieu de cet échange, Blue Dot. Un titre sensuel et froid de 5 minutes incarné par Laetitia Shériff qui fond la troupe dans un bloc unique. En tout cas c'est mon titre favori dans l'album. Il laisse transpirer les influences de chacun tout en les lissant et amène la cohérence à ce second opus.

Dans les chroniques d'album anglo-saxonnes, on parle d'"effort" pour un album. Je trouve que ce terme colle bien à l'esprit de ce groupe. Un effort collectif beau et tragique à la fois.

Ecouter des extraits de l'album sur le site www.trunks.fr

L'album "On The Roof "sort le 29 Octobre 2011. Alors tu fais un bisou à Tati pour qu'elle te donne des pratiques (je sais pas si vous connaissez cet usage du mot ?) et tu commande "On The Roof " de Trunks ici.

Trunks sera en concert

Le 7 octobre aux Ateliers du Vent (Rennes) avec Lydia Lunch
Le 14 octobre aux Passagers du Zinc (Besançon)
Le 15 octobre au Greffier (Mulhouse)
Le 20 octobre au Sunset (Paris)
Le 21 octobre au Grattoir (Gérardmer)
Le 27 octobre au Labo Sonore (Chérisay)
Le 03 novembre au Fil (Saint-Etienne) avec Atari Teenage Riot

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septembre 9, 2011 @ 8 h 10 min

Cymbals Eat Guitars – Lenses Alien

Cymbals eat Guitars

Fuyons l'évidence ! Tuons l'ennui ! C'est un peu la devise que c'est imposé Cymbals Eat Guitars pour ce second opus : "Lenses Alien". Un album éprouvant, long et tourmenté qui ne laisse aucune chance à l'easy listening. Si Why There are Mountains, première livraison de 2009, nous laissait entrevoir le potentiel pop du groupe ce dernier a comme réprimé tout ce qui pouvait être évident afin de laisser l'indie-rock expérimental dominer.

De chansons construites sur des modèles "classiques", le quatuor de Staten Island est passé au déstructuré, aux breaks et autres phases distordus. Preuve en est, un titre à part dans leur répertoire scénique de 2009 et que l'on retrouve dans "Lenses Alien", Plainclothes (C'est par ce titre que j'avais accroché au groupe). Il y avait déjà toute l'intention de ce nouvel album. Un début et une fin. Au milieu, une quantité de choses tristes, denses et puissantes. La voix brisée et malmenée de Joseph D'Agostino. Cette intention là. Présente et constante sur les 10 titres. Elle est éprouvante pour l'auditeur mais cela donne un album texturé et riche. A peine remis de Definite Darkness, Another Tunguska prend le relais. Il faut se résigner à ne pouvoir écouter une mélodie qu'un bref instant. Dans "Lenses Alien" tout est futile et bref. On court après le son qui nous plaît et dès qu'il se montre… piouf ! Il se volatilise.

Dans un sens cet album est dur. Rien que dans les premières secondes de l'intro Rifle Eyesight (qui dure 8 minutes) il est aisé de se perdre, de ne pas vouloir aller plus loin. Beau et compliqué, le malaise peut pointer le bout de son nez. Malaise également face à cette touche de pop qui reste malgré tout en surface et qui finalement reste une porte d'entrée dans les moments d'égarements. Il y aura forcément des moments de décrochages. Wavelengths, moins électrifié, s'éternise sur les phases délicates. La facilité est à deux doigts de réapparaître. Idem pour Gary Condit qui me laisse un peu sur ma fin. Le titre final nous éloigne calmement de l'univers du groupe. Sans douleur. Comme s'il était temps de quitter nos amis New-Yorkais. Tout le monde est fatigué maintenant. Les distorsions de guitares se font moins brutales. Certes le cri de fin du chanteur Joseph D'Agostino nous promet encore de belles choses mais la bataille pour cette fois est finie. Il faut couper le son ou remettre ce disque qui peut prendre une autre allure lors de la prochaine écoute.

Cymbals Eat Guitars – Lenses Alien : Site pour commanderEcouter l'album sur Spotify

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octobre 30, 2009 @ 15 h 09 min

The Fresh & Onlys – Green-Eyed Girl

Si on clique sur l’onglet Bio du site des Fresh & Onlys, le message "Coming Soon" (en français "à venir prochainement") apparaît. Alors d’un côté c’est embêtant, lorsqu’on s’intéresse à l’oeuvre d’un nouvel artiste/groupe on aime bien plonger dans son histoire, dans ce parcours qui a fait de lui cet être au coeur sensible… Mais de l’autre, avant même de taper dans la deuxième page de résultat google, une évidence surgit à la première écoute de Green-eyed Girl.

fresh & onlys

Dès l’introduction Black Coffin, on a peu de doutes sur la ville d’origine de Tim Cohen et Shayde Sartin : San Fransisco. L’ambiance psychédélique tout droit venu des 70′s, nous fait prendre un billet pour la côte-ouest américaine. Les guitares, qu’elles soient saturées, sur No Second Guessing, ou non sur What’s His Shadow Still Doing Here, résonnent comme jamais pour nous rappeler le folklore local acide de l’époque.

Un son psyché recouvert d’une couche garage cher à nos deux compères. Shayde Sartin a d’ailleurs une belle manière de l’expliquer :

"If we take a song into the studio or a live setting and it doesn’t have wings…then we just fucking ditch it and keep the charming demo version."

fresh onlys green eyed girlEn gros, il vaut mieux une démo réussi qu’un titre studio sans saveur. Une règle un peu atténuée sur le nouvel opus pour laisser place à leur influences anglaises. Car si les types sont de San Fransisco et connaissent l’histoire locale, ils sont également fan de groupe punk et post-punk.Cela permet d’obtenir des titres toujours psyché mais avec une approche un peu plus british. A l’image de Invisible Forces froid et distant à la jonction des années 80. Tim Cohen prend sur ce titre une voix beaucoup plus grave avec des intonations à la Ian Curtis. C’est surement le titre le plus marquant car difficile à situer dans l’espace temps (Je trouve). Je serais même de tenter de dire la même chose pour Dude’s Got A Tender Heart. Une ambiance garage milieu des années 60 et pourtant les refrains très saccadés nous déplace dans un autre monde, toujours psychédélique mais beaucoup plus sombre.

En écoute Invisible Forces

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

L’album "Green-eyed Girls" est en écoute sur Spotify ici et le premier opus éponyme ici.

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octobre 15, 2009 @ 21 h 50 min

Hudson Mohawke ça rentre comme du « butter » ?

J’aime de plus en plus écouter des instrumentaux hip hop. Après Alex Goose et ses brouillons pour Jay-Z, je me suis pris au jeu des productions de Hudson Mohawke et de son "Butter". Un besoin d’écouter une musique non-rock, expérimentale, s’appropriant le genre sans complexe en lui donnant un brin de folie. La jaquette, d’ailleurs, annonce l’ambiance. Elle évoque une sorte de bande originale type Miami Vice ou Scarface mystique se déroulant  sur fond de crépuscule jaune et rose fluo (Oui, ça pique les yeux). 

Après un premier EP chez Warp (Janvier 2009) explosif à la frontière du Trip-hop, l’écossais de 23 ans revient avec un premier  album où il repousse ses limites avec plus ou moins de réussite. Le 18 pistes de Hudson Mohawke est beaucoup plus centré sur le Hip-Hop mais il le retravail de fond en comble avec des sonorités difficiles à concevoir techniquement et mentalement.

 

L’organisation des pistes est déstructurée dès le début afin de recevoir de véritables électrochocs. Si l’introduction Shower Melody décolle en douceur, le futuriste Gluetooth nous ramène vite sur terre en nous assaillant de beats. Imaginez une  musique de boss de jeu vidéo version 8-beat agrémentée de sonorités asiatiques. De même pour l’interlude rétro Acoustic Lady qui est totalement englouti par Rising 5. Un titre digne, encore une fois, d’une instru de Blueprint 3 ou des premières productions de Kanye West. L’écossais est vicieux. Il nous attendrit un peu l’oreille avec des interludes tendres et la minute d’après il revient à la charge. 

 

A côté de ça, on retrouve des clichés du rap moins bien revisités. Le très dirty ZOo00OOm (4 o et 2 0) manque de nuance. Est ce le style qui veut ça ? En tout cas j’aurais préféré entendre quelque chose de moins écoeurant et d’un peu plus clair. De même pour Fruit Touch qui a mon goût possède un beat trop monotone pour rester accrocheur. 

 

Sur d’autres pièces Handson Mohawke s’amuse et cherche à stimuler notre ouïe. C’est le cas de 3.30. Un démarrage R’n B, une fin déstructurée et un auditeur complètement désorienté. Vient ensuite l’explosion, avec Trykk et son jeu de batterie construit comme un titre de drum’n bass. Une explosion de rythme assez bien maîtrisée et égayée par des petits sons d’arrière plan qui font tout le charme du morceau.

 

On retrouve également des créations plus "classiques" comme Just Decided. Si l’orchestration sonne comme du Prince façon 80′s (Comment coller à l’actualité, héhé ! ), le chanteur Olivier Daysoul, lui, apporte une touche de neo-soul qui rend le tout assez actuel. Actuel, No One Could Ever l’est également. Mohawke démontre qu’il maîtrise les sonorités plus familières et qu’il pourrait produire des morceaux pour tout le gotha du rap américain.

 

Malgré des moments vraiment lourds et pas indispensables (Trop de beats casse tête, a mon avis, 13 titres auraient suffit pour le style que propose Mohawke.)  "Butter" est un album énergisant plein de trouvailles. Il y a des moments rafraîchissant qui nous emmène bien loin des codes du hip-hop actuel. C’est Innovant  et si les rappeurs américains ont le nez fin, il faudra compter sur ce type dans les années à venir.

 

L’album "Butter" de Hudson Hawke sortira le 26 Octobre Chez Warp !

 

En avant goût vous trouverez en dessous un player de toute beauté made in Warp. Il contient Joy Fantastic, un titre electro soul avec le chanteur Olivier Daysoul et l’excellent Rising 5.

 

 

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A Propos

Surtout fan de Rock’n Roll mais aussi du reste, j’aime passer du temps à découvrir de nouveaux artistes, dégoter des clips musicaux et surtout me rendre dans les concerts et les festivals.
Un peu plus…

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